Une taxe carbone européenne arrive sur les combustibles avec lesquels nous nous chauffons et nous roulons. VRT NWS en parlait déjà l'an dernier sur la base d'une analyse d'impact du Bureau fédéral du Plan : un ménage belge qui n'adapte pas son comportement paiera bientôt 250 à 400 € par an en plus. Entre-temps, la date de démarrage est définitive : le 1er janvier 2028. Voici ce qui change — et pourquoi cela fait fondamentalement basculer le calcul d'une pompe à chaleur.
Qu'est-ce que l'ETS2 ?
Depuis 2005, l'UE dispose d'un système d'échange de quotas d'émission (ETS) pour l'industrie : les centrales électriques et les usines achètent des droits pour chaque tonne de CO₂ qu'elles émettent. L'ETS2 étend ce système au chauffage des bâtiments et au transport routier.
Vous ne payez pas la taxe vous-même à l'Europe. Votre fournisseur de combustible achète les droits CO₂ et en répercute le coût — à la pompe et sur votre facture de gaz ou de mazout. Invisible dans le mécanisme, très visible dans le montant total.
Le démarrage était d'abord prévu pour 2027. En mars 2026, l'UE a décidé — dans le cadre de l'accord sur l'objectif climatique pour 2040 — de le reporter d'un an au 1er janvier 2028. Un report, donc, pas un abandon : le système lui-même est acquis.
Combien cela coûte-t-il ?
Le Bureau fédéral du Plan a calculé l'impact au prix du CO₂ attendu :
Pour un ménage moyen qui ne change rien, cela revient à 250 à 400 € par an. Les coups les plus durs frappent ceux qui se chauffent au mazout, les bas revenus et les personnes isolées : pour les 10 % les plus pauvres, le budget énergétique augmente de 1,3 % du revenu, pour les 10 % les plus riches de 0,5 %.
L'Europe met en place un Fonds social pour le climat afin d'atténuer cela — la Belgique peut compter sur environ 1,66 milliard € pour 2026-2032, complétés par 0,55 milliard € de moyens propres. Important à comprendre : ce fonds est surtout destiné à financer la transition (isolation, rénovation, autre mode de chauffage), pas à compenser éternellement une consommation fossile.
La Flandre rend l'électricité moins chère en parallèle
Un second mouvement vient s'ajouter. À partir de 2028, la Flandre transfère 362 millions € de prélèvements de la facture d'électricité vers la facture de gaz et de mazout.
C'est un double effet de ciseaux : les combustibles fossiles deviennent plus chers par l'ETS2 et par les prélèvements transférés, tandis que l'électricité devient nettement moins chère. Et l'électricité est justement la source d'énergie d'une pompe à chaleur.
Pourquoi cela fait basculer le calcul de la pompe à chaleur
Le frein classique aux pompes à chaleur en Belgique a toujours été le rapport de prix entre l'électricité et le gaz : l'électricité coûte par kWh environ quatre fois plus cher que le gaz. Une pompe à chaleur air-eau atteint un SCOP de 3,5 à 4,5 — elle fournit donc trois fois et demie à quatre fois et demie plus de chaleur qu'elle ne consomme d'électricité. Tant que le rapport de prix et le SCOP évoluent à peu près de la même façon, le gain sur votre facture d'énergie par rapport à une chaudière au gaz économe restait mince. L'économie résidait surtout dans les primes, l'avantage TVA et le confort.
À partir de 2028, ce rapport bascule, des deux côtés à la fois :
- Le gaz devient 16 % plus cher par l'ETS2, plus les prélèvements flamands transférés qui s'y ajoutent encore.
- L'électricité échappe à l'ETS2 — la production d'électricité relève déjà de l'ETS1 existant, ce coût est aujourd'hui déjà dans votre prix — et perd 362 millions € de prélèvements.
Le rapport de prix descend ainsi sous le SCOP d'une pompe à chaleur moderne. À partir de ce point, la pompe à chaleur ne gagne pas seulement sur les primes, mais aussi tout simplement sur la facture mensuelle.
Exemple de calcul
Un ménage avec une consommation de gaz de 17.000 kWh par an paie aujourd'hui grossièrement 1.400 € pour cela. L'ETS2 y ajoute, au prix du CO₂ attendu, environ 225 € par an — avant même de compter les prélèvements transférés. Qui se chauffe au mazout (en moyenne environ 2.000 litres par an) fait face à plus de 400 € en plus par an.
Cette même chaleur, une pompe à chaleur air-eau avec un SCOP de 4 la fournit avec environ 3.900 kWh d'électricité. Combinez cela avec des panneaux solaires, et une bonne partie tourne sur l'électricité de votre propre toit.
L'investissement dans la pompe à chaleur ne change pas. Chaque euro dont le gaz et le mazout renchérissent est donc directement un temps de retour plus court. Et inversement : chaque hiver d'attente supplémentaire est, à partir de 2028, un hiver plus cher.
Qu'en faire concrètement ?
- Votre chaudière a 10 ans ou plus ? Alors la question du remplacement se posera de toute façon avant ou autour de 2028. Qui attend que la taxe soit là fait la file avec tous ceux qui ont calculé trop tard.
- Vous vous chauffez au mazout ? C'est vous qui ressentez le plus fort l'ETS2 (+21 %). Le passage à une pompe à chaleur est déjà aujourd'hui le plus vite rentabilisé avec le mazout.
- Calculez votre prime. Pour une pompe à chaleur air-eau, vous recevez en Flandre via Mijn VerbouwPremie 1.500 à 4.000 € selon votre revenu, en plus de la TVA à 6 % pour les habitations de plus de 10 ans. Vérifiez-le en 30 secondes avec notre calculateur de prime.
- Combinez avec des panneaux solaires. Une pompe à chaleur alimentée par votre propre électricité solaire est le seul chauffage dont le prix du combustible n'augmentera pas au cours des dix prochaines années.
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Source : analyse d'impact du Bureau fédéral du Plan, telle que rapportée par VRT NWS (juillet 2025) ; accord UE sur l'objectif climatique 2040 avec report de l'ETS2 à 2028 (mars 2026).
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